Le fait d'être étudiante en Français me fait lire beaucoup. Mais pas uniquement des livres techniques, des livres spécialisés sur quelque sujet barbant. Non! De la pure et bonne Littérature avec un grand L.
Nous avons reçu, le premier mardi, un 'canon littéraire' de la part de ce très cher prof de Littérature. Il est magnifique: probablement suisse-allemand mais ayant apris le français comme il faut. J'en connais quelques uns qui devraient prendre exemple sur lui. Il nous raconte toute l'histoire des auteurs et écrivains français et francophones comme une histoire. On comprend ce qui les a influencés dans leur vie, leur environnement. Mon cours préféré en français. C'est aussi simple que cela.
Mais ce qui me fout un peu les boules, de temps et temps, c'est ce canon littéraire. Une liste de 40 classiques à lire et à connaitre. On a deux ans pour les lire: à la fin on aura droit à un joyeux petit examen durant lequel il nous faudra recracher tout le savoir accumulé en littérature les 21 années précédentes en mettant un accent sur les 4 semestres précédents.
Doux jésus!
40 livres en 2 ans, c'est 10 livres par semestre.
Si c'était tout ce qu'il y avait à faire je me dirais: pas de souci!
Mais là... aïe! Mon premier semestre se termine ce weekend. Je devrais donc avoir lu 10 livres sur 40 ainsi que ceux que nous sommes censés lire pour le proséminaire de littérature.
Mon bilan peu réjouissant montre:
done: Mme Bovary
pas done: 9 autre livres + Les faux monnayeurs + le supplément au voyage de bougainville + le Spleen de Paris
faut que j'accellère!
Mais quelques mots sur Mme Bovary, écrit par ce très cher Gustave Flaubert.
L'histoire, vous la connaissez ou la trouvez n'importe où sur internet.
Emma, cette femme, cette fille stupide. Stupide? non. Mais simple. c'est ce que voulait Flaubert: écrire sur le peuple et pour le peuple. Pas des histoires de princes et de princesses, pas de nobles et de richetots. Chaque phrase a sa mélodie, chaque mot est choisi rien n'est abandonné au hasard. Franchement, je ne m'en suis pas rendue compte. Mais peut-être que ça en fait partie, du charme du texte, qui sait? flaubert n'est plus là pour qu'on puisse lui poser la question!
En gros j'ai plutôt bien aimé le lire. Mais c'était un peu long, le fil rouge a été étiré au maximum.
Le fait qu'on en ait tant parlé en cours avant que je ne l'aie lu n'a pas aidé. Je savais ce qui allait arriver, je savais que la mort d'Emma durerait 30 pages.
Je dois avouer que les recherches sont impressionnates. Flaubert en savait beaucoup sur tout ce dont il parle. La mort d'Emma, par exemple, est décrite d'une manière frappante. Rouen et son entourage aussi. Les sentiments, les pensées d'Emma.
Quelques citations qui m'ont plu:
"Une exhalaison s'échappait de ce grand amour embaumé et qui, passant à travers tout, parfumait de tendresse l'atmosphère d'immaculation où elle voulait vivre." p. 293
"Où trouver, en effet, plus de patriotisme que dans les campagnes, plus de dévouement à la cause publique, plus d'intelligence en un mot?"
"N'importe, comptez sur moi; un de ces jours, je tompe à Rouen et nous ferons sauter ensemble les monacos." p. 365
love. PinkLady